Issu de cette génération de chanteurs du continent africain qui sont devenus des acteurs socio-culturels de leur pays, Alif Naaba imprime sa marque et ses valeurs sur la scène musicale du Burkina Faso avec son 5e album So Wok calibré pour l’imposer sur les scènes internationales. Portrait d’un artiste qui s’est affranchi des pesanteurs sociétales, mais pas de son rôle.
À l’arrivée comme au départ de Ouagadougou, à l’aéroport Thomas-Sankara, Alif Naaba est là. Sur les affiches officielles, le chanteur qui fêtera ses quarante ans cette année souhaite la « bienvenue dans la capitale africaine du cinéma » à ceux qui entrent sur le territoire et « un bon voyage » à ceux qui le quittent. Son visage souriant et les gestes bienveillants qui accompagnent les messages le rendent instantanément aussi sympathique que familier.
Il ne faut pas longtemps pour que l’image prenne vie, du moins en musique : Poko, un des titres de son nouvel album So Wok, fait partie des chansons diffusées en haute rotation sur les radios locales. « Celle-là, je l’ai faite pour que les gens dansent », glisse Alif, en jetant un regard complice, au volant de son puissant 4×4 qu’il conduit prudemment sur les immenses artères chaotiques de Ouaga. Objectif atteint pour l’artiste d’habitude plutôt apparenté au courant folk africain. De la mélodie au mix, du tempo aux arrangements, il a réuni tous les ingrédients indispensables.
Séduite par ce morceau qu’elle a découvert lors de son passage au Burkina pour le festival Waga Hip Hop fin octobre, la rappeuse ivoirienne Oprah en a fait part à son auteur, croisé au cours de la séance de dédicaces de l’album de Smarty. Quelques heures plus tard, une séance de studio est programmée pour que la jeune femme puisse retourner à Abidjan avec sa propre version !