Crise sanitaire, inégalités sociales, désillusions politiques. Le célèbre musicien gabonais a fui la violence du monde pour se réfugier dans le silence du sage et la nuit de la cécité… Mais il n’a pas dit son dernier mot.
Il y a peu de chances de croiser Pierre Claver Akendengue (PCA) à Libreville. La légende vivante de la musique gabonaise et africaine y vit recluse dans sa maison du quartier des Charbonnages. Âgé de 78 ans, mal voyant, il sort peu et accorde rarement des entretiens. Crise sanitaire oblige, PCA a réduit ses engagements. Son dernier concert à Libreville remonte à 2019. Il est vrai qu’il n’a jamais eu de vie sociale trépidante.
Pour lui parler, il faut passer par sa fidèle assistante, qui lui lit ses mails et s’occupe de répondre en son nom aux nombreuses correspondances du chanteur, guitariste et poète. Ne soyez surtout pas pressé, cela peut prendre des jours. Son actualité, ce sont ses proches qui en parlent… Mais en off, car « il n’aime pas que sa famille se mêle de son travail ». Résultat, PCA reste un inconnu, alors que son timbre unique, ses mots et mélodies limpides, des générations d’Africains les connaissent par cœur depuis l’enfance – et peut-être même avant leur naissance, pour ceux dont la mère écoutait et chantait Nandipo ou Awana W’Africa.