La gastronomie africaine a la cote. En témoigne le public venu en nombre au festival culinaire parisien Food Temple Africa organisé par la Maison de l’Afrique et le Conseil Présidentiel pour l’Afrique et dédié cette année aux arts culinaires du continent. Du 25 au 27 septembre, passionnés de gastronomie ou simples curieux se sont pressés, masqués, dans les allées du Carreau du Temple, écrin de l’événement. Les cours de cuisine et les master class ont affiché complet. Le marché des producteurs et des artisans a lui aussi trouvé son public. La preuve : l’étal de l’épicerie spécialisée Mon Kadi est largement clairsemé en cette fin d’après-midi. Si l’engouement pour les produits africains n’est plus à prouver, l’énorme potentiel économique qu’ils représentent est-il pour autant exploité à sa juste valeur ?
« L’Afrique possède une mine d’or. Le problème, c’est que peu de gens le savent, déplore Aïssata Diakité, fondatrice de Zabaan, une société qui commercialise des jus de fruits. Cela vaut pour l’Europe, où on ne trouve pas de produits africains dans les rayons des supermarchés, comme pour l’Afrique, où l’on ne consomme que des produits importés ». Un constat partagé par le chef Christian Abégan, invité de la table ronde « Afrique, terre(s) fertile(s) » organisée parallèlement à l’événement. « En Afrique, nous avons du mil, du fonio, du niébé… et on ne mange que du blé importé », déplore-t-il.