Cette accusation a été faite par trois Organisations Non Gouvernementales (ONG) françaises dans un rapport publié au début du mois d’octobre. D’après ce rapport, la France exporterait vers l’Afrique des produits alimentaires bas de gamme, nocif à la longue pour la santé.
Les ONG Action Climat, Greenpeace et Oxfam ont dévoilé dans un rapport que les filières de poulet de chair, du porc et des produits laitiers sont les principaux concernés par ces pratiques commerciales néfastes en Afrique. Ces filières sont détenues en France par de grands industriels à l’instar de Bigard, Agromousquetaire, LDC, Lactalis ou encore Cooperl. Et paradoxalement, le pays importe en provenance des pays africains, des produits de très bonne qualité. La manœuvre derrière cette pratique honteuse est de faire concurrence aux producteurs qui pratiquent des coûts relativement moindres. La France exporte ainsi 42% de son lait, 39% de sa viande de porc et 25% de sa volaille.
Dans cet élan concurrentiel, ces grands industriels français envoient du lait ré-engraissé en Afrique et notamment en Algérie, qui est le premier acheteur de poudre de lait écrémé et de poudre grasse. Ce sont donc des poudres de lait réengraissés en matières végétales (MGV) qui sont écoulées sur le marché africain. Ces poudres de lait sont diluées avec de l’huile de beurre ou encore de l’huile de palme, huile de coco ou coprah. Ce mélange nocif est envoyé dans les pays en voie de développement avec préférence pour l’Afrique de l’Ouest. Avec des prix défiants toute concurrence. En effet ces produits laitiers une fois rengraissés, sont vendus à 0,20 euro le litre, beaucoup mois que le lait localement produit dans ces pays-là ! Une autre façon de tuer les productions locales africainse. En plus, ces produits ne sont même pas considérés en Europe comme des produits laitiers. D’ailleurs, aucun pays du vieux continent ne les consomme.
Concernant la viande du porc et la volaille, la France envoie sur le continent africain, des découpes congelées avec des textures dégradées à la livraison. Pour la volaille, il s’agit des poules pondeuses de réforme, non consommées en Europe. Ces catégories de produits congelés représentent 87% des exportations vers l’Afrique en 2010, 96% en 2015 et 97% en 2021. Dans un extrait, ledit rapport dégage une conséquence de ce modèle économique français : « Cette orientation de l’export est d’autant plus problématique que les systèmes intensifs et industrialisés capables d’être compétitifs sur le marché international produisent, en bout de chaîne, des produits animaux à faible valeur ajoutée qui concurrencent souvent les filières d’élevage de pays en développement ».
Pour la France, les pays africains sont considérés comme des marchés de dégagement. Selon le rapport, les principaux marchés de dégagement pour la France sont le Bénin (28%), le Congo (13%), le Gabon (11%) et la République démocratique du Congo (10%). Les marchés de dégagement ici constitue des zones commerciales pour des produits qui ne peuvent être vendus, ni consommés, sur le marché national français.
Le rapport souligne que ces pratiques sont néfastes pour la France, car ces modes d’élevage ont un impact certain sur l’environnement en termes de pollution aux nitrates et en augmentation de gaz à effet de serre. Mais le même rapport souligne que les effets sont encore plus néfastes pour l’Afrique. D’abord sur le plan de la santé, ensuite sur le plan économique.