Les personnalités civiles présentes l’ont bien compris, elles doivent s’unir et se coordonner pour ne pas perdre la voix démocratique ouverte par la révolution. Elles ont décidé de former une structure temporaire, avec un corps de direction dirigé par l’ancien Premier ministre Abdallah Hamdock.
Ce corps est composé d’une soixantaine de personnes, en majorité issus d’associations non partisanes. Et il a pour but de préparer un rassemblement bien plus élargi en novembre.
« Leur objectif est d’inviter à la réunion jusqu’à 1 000 participants, explique Siddig El Mahdi, membre du comité préparatoire. Représentant toutes les régions du Soudan, les femmes, les jeunes, et les représentants des différentes communautés soudanaises. Cette rencontre est créée pour unir la voix des civils soudanais, mais aussi rallier la communauté internationale pour appeler les militaires à arrêter la guerre. »
Priorité numéro un du comité : venir en aide aux Soudanais sur place. « Il est dit dans la déclaration de Jeddah signée par les deux camps qu’il doit y avoir un comité national pour la distribution de l’aide humanitaire, souligne le docteur Alaaeldin Awad, de la Coordination des forces civiles démocratiques. C’est ce qu’il nous manque, car il y a beaucoup de corruption dans l’humanitaire depuis le début de la guerre. »
Les membres de ce comité devront produire une vision politique et des structures institutionnelles afin d’être prêts au moment où la guerre s’arrêtera. Ils ont aussi réaffirmé l’importance des partis politiques, pour tenter de leur redonner la crédibilité perdue après leur échec face aux militaires.
Mais cela ne suffit pas pour les absents, surtout pour la majorité des comités de résistance. Ces organes essentiels de la révolution démocratique se sont désolidarisés de cette union dans un communiqué. Les participants présents à Addis-Abeba en sont pourtant convaincus : seule l’union permettra aux civils de peser enfin dans les négociations pour mettre fin au conflit. Ils espèrent un accord de cessez-le-feu solide à l’issue des négociations de Jeddah. Pour que la société civile puisse reprendre sa place et rétablir une transition démocratique.