L’Angola a connu la terrible colonisation portugaise, la très difficile lutte pour l’indépendance et une guerre civile qui a duré jusqu’en 1991. Toutes les difficultés, les souffrances, le peuple angolais les a racontées, les a chantées et a tenté de les transcender justement par la musique, même si bien des figures musicales dans cette playlist sont mortes à cause de leurs positionnements.
Bonga, de l’athlète au musicien
Balumukeno est l’un des plus beaux titres de l’album Angola 72, album mythique de Bonga, album qui deviendra la bande son de l’indépendance de son pays. Né José Adelino Barcelo de Carvalho en 1943, à une soixantaine de kilomètres de la capitale angolaise, Bonga apprend la musique avec son père qui est pêcheur mais qui est aussi accordéoniste. Il comprend très vite la portée que la musique peut avoir dans son pays, pays qui a déjà payé un très lourd tribut à l’histoire, car l’Angola a connu quatre siècles de colonisation portugaise. C’est sans doute le pays africain qui a le plus souffert de la traite des esclaves et qui pleure de nombreux Angolais déportés. Le pays en lui-même a été formé au gré des combats et des occupations portugaises. Il regroupe toute une série d’ethnies tout à fait différentes qui fonctionnent avec des styles de vie différents. Ce sera d’ailleurs l’une des raisons qui va mener à la guerre civile qui bousculera le pays au moment de son indépendance. Bonga fut avant tout un sportif et deviendra un grand champion d’athlétisme du Portugal (car à l’époque l’Angola fait encore partie du Portugal) avant de se consacrer pleinement à la musique.
Le kuduro pour chanter et danser
Littéralement « kuduro » signifie « cul dur », cul dur à force de danser. Cette danse a été inventée par Tony Amado qui voulait rendre hommage à Jean-Claude Vandamme et évidemment à une forme de résistance dans les banlieues de l’Angola, mais aussi dans des villes où de nombreux Angolais se sont installés et ont immigré, notamment les banlieues de Lisbonne. Le kuduro s’est rependu grâce à une circulation de disques et de cassettes enregistrées. C’est une musique qui est typiquement angolaise puisqu’elle reprend des rythmes et des ruptures qui viennent immédiatement de la semba. Plusieurs grandes figures du kuduro ont été distingués comme le sont Tia, immense star transgenre du kuduro en Angola ou encore Pongo.
Programmation musicale et archives
Bonga, Balumukeno
Archive : Bonga dans « nocturnes », France culture, 2003
Duo Ouro Negro, Kurikutela
N’Gola Ritmos, Muxima
Lourdes Van-Dúnem, Ngongo ya Biluka
Belita Palma, Manazinha
Bonga, Paxi Ni Ngongo
Carlos Lamartine, Pala Ku Nu Abesa
Arthur Nunes, Tia
Van Serg, The moving sands of lobo Vallis
Bonga, Mulemba Xangola
Archive : Tony Amado raconte “l’invention” du kudoro dans “Explore Angola” sur Euronews en 2021
Costuleta, Tchiriri
Pongo, Kuzola
Bonga, Ti Zuela