Conçu entre Bamako, où il vit, Abidjan et Paris, le onzième album international de Tiken Jahh Faloy, Braquage de pouvoir, annonce d’emblée la couleur : la situation du continent africain demeure au cœur de ses préoccupations.
Tout en renouant avec son reggae roots d’antan, le rastaman ivoirien ranime la flamme du rebelle dans ce qu’il fait de mieux : cibler avec son franc-parler les responsables d’une Afrique corrompue, prise en otage, et s’adresser en bambara, en français et en anglais, à la jeunesse africaine.
Tiken Jah Fakoly lui rappelle que « Le peuple a le pouvoir », mais que dire « Ça va aller »ne suffit pas pour s’en emparer. La répétition a ses vertus et le griot rasta de 55 ans à la large carrure de guerrier mandingue veut y croire : tant que ça ne change pas, il ne lâche pas ! Pour ne rien gâter, Braquage de pouvoir nous vaut le premier ska chanté par Tiken Jah Fakoly : Farana(« Laissez-moi tranquille » en bambara).
Moi je ne compte pas laisser Tiken tranquille ! Je vais au contraire profiter de l’occasion qui m’est offerte à Marseille, après son bouillonnant concert à la Fiesta des Suds, pour revenir avec lui sur son rapport à l’Histoire, à la tradition, à l’actualité, mais aussi sur ses nombreux engagements.
D’autant qu’en ce jour d’octobre 2023, fait rare, l’Océan Vicking, le bateau de SOS Méditerranée, est à quai. Tiken est monté et à bord et a rencontré les équipes de cette association qui, selon lui, « mène un combat pour l’Humanité ». Il nous raconte…