Archéologie : Redécouvrir l’Afrique

Must Read

L’Egypte et l’origine des premiers hommes continuent de dominer la recherche archéologique en Afrique. Mais d’autres champs d’investigation questionnent les représentations d’un continent hâtivement qualifié de « sans histoire ». « Le Monde » a rencontré, au cours de cinq reportages, des scientifiques engagés dans l’écriture de ce passé.

Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
D’ici à quelques mois, une fois soutenue sa thèse à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, One Claeys Tshukudu deviendra la première femme docteure en paléontologie du Botswana. La jeune chercheuse a bénéficié d’une bourse dans le cadre du programme Homini’karst, dirigé par le géoarchéologue Laurent Bruxelles. Il s’agit d’étudier l’environnement (paysages, climat) des grottes de ce pays d’Afrique australe où ont été observées des traces des premières occupations humaines.

Exemplaire, l’itinéraire de One Claeys Tshukudu n’a cependant rien de singulier sur le continent. Selon Moustapha Sall, vice-président de l’Association archéologique panafricaine de préhistoire, « il est très difficile pour un étudiant, en dehors de quelques pays comme l’Afrique du Sud ou le Kenya, de poursuivre son doctorat en Afrique subsaharienne, car très peu d’enseignants possèdent une habilitation à diriger des recherches et les subventions accordées aux universités pour mener le travail de terrain sont largement insuffisantes. Il n’y a pas d’autre choix que de partir à l’étranger ». Son pays, le Sénégal, ne compte qu’une dizaine d’archéologues et il redoute que les deux seuls préhistoriens de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar terminent leur carrière sans relève assurée.

Conséquence : les projets d’envergure ne pourraient prendre forme sans l’apport de financements internationaux. Quitte, pour les archéologues africains, à devoir continuer de composer avec l’agenda scientifique des pays donateurs – lequel s’inscrit encore souvent dans une géographie dessinée au début de la colonisation européenne. « Cet héritage existe mais il tend à s’estomper, nuance Laurent Bruxelles. Les nouvelles missions sont internationales et il n’est plus question de fouiller sans l’accord des populations hôtes. Nous ne sommes pas chez nous et nous en sommes conscients. »

SourceLe Monde
- Advertisement -spot_img

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

- Advertisement -spot_img
Latest News

Le Mali, Niger et Burkina instaurent Un Droit De Douane Commun

Les trois pays ont institué « un prélèvement confédéral » sur les pays non membres de l’Alliance des États du Sahel. Le Mali,...
- Advertisement -spot_img