Le programme de conservation Pitagore vise à protéger une forêt endémique de tapia, des arbres que l’on trouve uniquement à Madagascar. Dans la région de l’Itasy, à l’ouest d’Antananarivo, la forêt de tapia a perdu 40% de sa superficie à cause de la déforestation en l’espace de 30 ans. Sa conservation est pourtant vitale pour les habitants, qui y récoltent des produits comestibles et de la soie sauvage pour fabriquer des linceuls traditionnels.
« La forêt de tapia est une forêt rurale, c’est-à-dire une forêt à vivre, où des gens ont évolué en utilisant ses ressources qui font aussi partie de leur univers domestique, explique Didier Genin, écologue à l’Institut de Recherche pour le Développement. Si on regarde la forêt avec un drone, on s’aperçoit qu’il y a plein de circonvolutions, un mélange entre la forêt et les espaces agricoles. C’est le reflet de l’interaction entre les sociétés locales et leur environnement. »
Réduite de presque moitié en 30 ans, cette forêt est toujours menacée par la déforestation, les changements climatiques mais aussi par le projet de ville-nouvelle de Tanamasoandro, qui doit sortir de terre à seulement quelques kilomètres.
Porté par l’Institut de recherche pour le développement français, le Centre national de recherches sur l’environnement malgache et l’ONG Première urgence, le programme de conservation Pitagore a déjà permis la replantation de quelques 8 000 arbres à partir de techniques innovantes. « Dans la nature, la plupart des arbres sont associés avec leurs racines avec des champignons du sol. Donc ici, ce que l’on essaye de faire, c’est de favoriser la survie des tapia en essayant de forcer un petit peu cette relation. Et d’ailleurs, on trouve dans les forêts de tapia des plantes hautes qui favorisent ces mises en relation », indique Didier Genin.