Suspension des Réseaux Sociaux au Gabon

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Les autorités gabonaises ont suspendu les réseaux sociaux ce mercredi 18 février, dont Facebook et TikTok. Ils sont accusés de porter atteinte à la « stabilité » et la « sécurité » du pays. Sur le plateau de TV5MONDE, cette mesure est décrite par Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence gabonaise, comme « temporaire ».

Les réseaux sociaux sont coupés au Gabon depuis ce mercredi 18 février. « Il s’agit d’une suspension des plateformes du groupe Meta, pas de toutes les plateformes numériques au Gabon, ni d’une coupure d’internet », justifie Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence gabonaise sur le plateau de TV5MONDE.

Ce mardi 17 février, la Haute autorité de la communication (HAC) avait annoncé la suspension « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux au Gabon. Facebook et TikTok, les réseaux sociaux les plus utilisés dans le pays, ainsi que YouTube et Instagram, sont coupés, tandis que WhatsApp fonctionne par intermittence et différemment selon les opérateurs, ont constaté des journalistes de l’AFP. 

Des « contenus violents, voire pornographiques » qui entravent les « mœurs »

D’après les autorités gabonaises, il y aurait une « recrudescence de contenus diffamatoires » et une « manipulation politique » qui « entrave la cohésion sociale » sur les plateformes du groupe Meta, dont Mark Zuckerberg est le PDG. Les Gabonais seraient également exposés à des « contenus violents, voire pornographiques, qui entravent nos mœurs et nos us et coutumes », condamne la porte-parole adjointe de la présidence gabonaise. 

Depuis janvier 2026, le Gabon est confronté à un mouvement de protestation social qui se poursuit par endroits. Il s’agit de la première vague de contestation sociale du mandat de Brice Oligui Nguema, arrivé à la tête du pays par un coup d’État en 2023 et élu président l’an dernier. Outre l’éducation, des mouvements de contestation avaient émergé dans d’autres secteurs publics, tels que la santé, l’enseignement supérieur ou l’audiovisuel, avec des revendications similaires, portant sur la rémunération et les conditions de travail dégradées. 

Le gouvernement avait alors mené des négociations dans les différents secteurs. Mercredi 18 février, dans un entretien à l’AFP, le porte-parole du gouvernement, Théophane Zamé-Nze Biyoghe, a nié que cette interruption des réseaux sociaux soit liée aux revendications sociales actuelles. 

« C’est comme si on nous coupait du monde »

Dans le pays, la décision de suspendre les réseaux sociaux semble totalement incompréhensible pour les Gabonais. « En nous coupant des réseaux sociaux, c’est comme si on nous coupait du monde », déplore un habitant de Libreville. « Nous avons des cours en ligne, nous avons des envois via WhatsApp, cette suspension nous pénalise », commente une étudiante. 

Des craintes balayées par Jennyfer Mélodie Sambat: « C’est une mesure ponctuelle », annonce-t-elle, sans toutefois préciser quand le retour à la normale aura lieu. L’une des raisons évoquées à cette suspension soudaine vient du fait que, malgré plusieurs alertes formulées par les autorités depuis un an et demi, le groupe Meta n’a jamais répondu au gouvernement gabonais. 

C’est désormais chose faite, rapporte la porte-parole adjointe, ce qui devrait permettre de « réguler » et poser un cadre légal autour de l’utilisation des réseaux sociaux. « Il s’agit d’une demande du respect de nos données personnelles et de diffusion des publications diffamatoires qui ont été à plusieurs reprises signalées. La régularisation va se faire pour laisser le temps de mettre un cadre formel à ces négociations. Les Gabonais vont devoir attendre. C’est une décision assumée pour la cohésion sociale de notre pays. »

« Une décision complètement incompréhensible »  

Parmi les autres craintes évoquées dans le pays, l’impact de cette suspension sur le commerce en ligne et donc sur l’économie informelle. Un non-sujet pour Jennyfer Mélodie Sambat. « Les plateformes du groupe Meta ne représente pas internet, nous avons du e-commerce qui se fait sans ces réseaux sociaux-là. » Un avis qui n’est pas partagé par le créateur de contenus gabonais Mister Wils, qui compte près de 100.000 abonnés sur TikTok: « Je ne peux même plus travailler. » 

Interrogé par l’AFP, l’ancien Premier ministre et désormais opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze a dénoncé « une décision complètement incompréhensible »  et « disproportionnée » qui « viole la Constitution, les droits des citoyens, la liberté d’expression et qui ne repose sur rien ». Après l’annonce de la HAC, l’opposant a appelé dans un communiqué « les Gabonais attachés à la liberté à se mobiliser pour faire barrage à cette dérive liberticide ».

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé « une inquiétante décision » qui « restreint, de manière abusive et non-proportionnée, l’accès à l’information et entrave le travail des journalistes qui utilisent les réseaux sociaux pour informer et diffuser leurs contenus de manière indépendante ».

SourceTV5 Monde
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