Gaëlle Matondo a toujours eu des facilités pour l’apprentissage des langues étrangères. Polyglotte, elle peut en parler cinq, dont le lari et le lingala utilisés en Afrique, et en comprendre neuf. À 33 ans, elle raconte avoir déjà eu plusieurs vies. « Je suis née à Blois où j’ai fait mes études. » À l’heure de choisir une orientation professionnelle, elle entre à l’école Tunon à Tours, qui forme aux métiers de l’aérien et du luxe d’affaires. Mais un ennui de santé l’élimine pour devenir hôtesse de l’air.
Dans le cadre d’un échange universitaire, elle part en 2010 faire un stage de quatre mois chez Disney World en Floride. « C’est le voyage qui m’a ouvert le champ des possibles », explique Gaëlle Matondo.
À son retour en France, elle prend un poste au sein du secrétariat du maire et des élus de Blois, où elle reste un an. Son but est de retourner travailler à l’étranger. Sa maîtrise de l’anglais lui permet entre autres d’être retenue chez Eurostar comme hôtesse de train. Elle s’en va alors rejoindre Londres. Après un an et demi passé dans l’entreprise ferroviaire, elle enchaîne d’autres missions pour tout un tas de sociétés. Elle profite d’être dans la capitale anglaise pour toucher aussi au mannequinat. Là-bas, elle fréquente également la tech.
Mais le Covid fait son apparition. Par la force des choses, une pause professionnelle survient. Restée à Londres, sa famille lui manque. Et en même temps, elle profite de cette période de confinement pour faire germer en elle une idée. Quand elle rentre en France fin juin 2020, elle a le projet de créer sa start-up du nom de « Yombz », dédiée à l’apprentissage des langues africaines. « Je cible notamment les personnes afro-descendantes ou en couple mixte. Personnellement, j’ai appris le lari à la maison via mes parents originaires du Congo-Brazaville. Je suis une vraie éponge. Pour moi, la langue est comme une musique. »
Pour poursuivre son cap, elle s’est appuyée sur un réseau : « Le plus dur a été de poser les fondations, de monter une équipe de professionnels, de traducteurs, d’interprètes, de référents culturels qui parlent ces langues, explique l’entrepreneuse. Pour commencer, je pars sur 15 langues, les plus parlées d’Afrique. »
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SourceLa nouvelle république




