Le Mali sur la voie royale de sa souveraineté

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Le monde entier a les yeux rivés actuellement sur le Mali. Depuis le début de l’année 2022, le pays s’est engagé dans un bras de fer contre la communauté internationale et surtout contre la France qui n’est plus la bienvenue dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest. Retour sur le coup de force de la junte malienne.

« Le destin de l’Afrique se joue au Mali » ! C’est l’une des phrases les plus employées ces derniers sur le continent africain. Le 31 décembre dernier, le Colonel Assimi Goïta, patron de la junte malienne, annonçait dans un discours, le report des élections initialement prévues le 27 février prochain. Par ailleurs il demandait de rallonger la période de transition de 6 mois à 5 ans. Une décision très peu appréciée par la France et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Les sanctions de la CEDEAO
Réunis en catimini le 9 janvier dernier à Accra au Ghana, les chefs d’Etats de la CEDEAO et de L’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) ont décidé à l’unanimité d’infliger de lourdes sanctions au Mali. Au rang de celles-ci, l’on peut citer le gel des avoir du pays au sein de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique centrale (BCEAO), la suspension des transactions commerciales à l’exception des produits de premières nécessité, la fermeture des frontières des pays de CEDEAO d’avec le Mali et le rappel des ambassadeurs accrédités des Etats membres de la Communauté. La France naturellement, a soutenu ces sanctions, tout comme l’Union Européenne et l’Amérique.
Malgré la lourdeur des sanctions, Bamako n’a pas tremblé encore moins flanché. Le 14 janvier, des milliers de personnes se sont réunies dans les rues de Bamako et des principales villes du pays pour dire non aux sanctions non justifiées de la CEDEAO. Outre ce soutien de ses populations, le gouvernement de transition a reçu le soutien des fortes personnalités africaines telles que Laurent Gbagbo, ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Alpha Blondy, artiste musicien et de nombreux mouvements citoyens à travers l’Afrique. La Guinée a d’ailleurs décidé de ne pas appliquer les sanctions et de rester solidaire du Mali jusqu’au bout. Tous à l’unanimité, dénoncent les sanctions et accusent la CEDEAO d’être un instrument de la France.
La France pointée du doigt
Arrivé à la tête du Mali en août 2020 à la faveur d’un putsch, la junte malienne conduite par le Colonel Assimi Goïta a entrepris d’instituer le retour à l’ordre constitutionnel. Ceci à travers des reformes politiques et institutionnelles fortes. Dans ce sillage, le gouvernement de transition a programmé des élections présidentielles qui allaient porter des civils de nouveau au pouvoir le 27 février 2022. À la suite du report desdites élections et la prorogation de la période de transition, la communauté internationale tente désespérément de faire plier le Mali. A la baguette de cette manœuvre, la France. Le pays dirigé par Emmanuel Macron n’a cessé de faire pression sur le gouvernement Goïta. Elle a même accusé la Russie de favoriser l’entêtement du Mali afin de s’y installer et exploiter les ressources. Depuis lors, les relations diplomatiques entre Paris et Bamako se sont fortement dégradées. Dans un récent entretien avec les diplomates, Choguel Maïga, le Premier Ministre et chef du gouvernement choisi par la Junte a accusé la France d’avoir largement contribué à la division du Mali. « L’intervention française s’est muée dans un deuxième temps en une opération de partition de fait du Mali. » a-t-il déclaré.
Dans une interview, le ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères, Jean-Yves LeDrian s’est farouchement opposé au recours à la force Wagner (mercenaires russes) par le Mali pour combattre les djihadistes. Une intervention qui n’a pas plu à Bamako. Dans un décret, la junte a sommé le 31 janvier dernier, l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer, de plier bagages sous 72 heures. Ce qui ouvre également la voie à un départ de la force Barkhane et la force Takuba du Mali. Toutes deux, armées par la France.
L’Union Africaine en sapeurs-pompiers
Observateur plus ou moins neutre depuis le début de ce bras de fer, l’UA a entrepris depuis la fin du mois de janvier des médiations. Le but étant d’apaiser les tensions entre la CEDEAO et le Mali. Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, s’est rendu tour à tour à Bamako, à Dakar au Sénégal et à Yamoussoukrou en Côte d’Ivoire. De son coté, Assimi Goïta se dit prêt à négocier avec la CEDEAO. Il est même disposé à revoir à la baisse la période de transition.
Ce bras de fer est loin d’avoir livré son verdict. L’Afrique et le monde entier ont les yeux tournés vers le Mali, où, se joue en ce moment, l’avenir de la souveraineté africaine.

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