« Le plastique a encore de la valeur », lance Nzambi Matee en montrant des montagnes de bidons d’huile, bassines, pots de yaourts et autres déchets qui, dans son usine de Nairobi, au Kenya, sont broyés en petits flocons colorés. Selon elle, « le plastique est un matériau incompris. »
Cette ingénieure et inventrice kényane de 30 ans sait de quoi elle parle : sa start-up recycle des tonnes de plastiques, voués à engorger les décharges de la capitale, en briques éco-responsables utilisées dans la construction, et qui sont plus solides, plus légères et moins chères que le ciment.
Ces briques durables qu’elle a elle-même créées pavent déjà certains trottoirs, allées et rues de Nairobi, et pourraient bientôt constituer aussi un matériau alternatif pour construire des maisons à bas prix.
Chaque jour, son entreprise, Gjenge Makers, produit 1.500 briques à partir de plastiques domestiques ou industriels.
La jeune entrepreneuse a quitté un emploi dans le secteur pétrolier – industrie qui produit le plastique à partir d’énergies fossiles – afin de se lancer dans le recyclage après avoir été choquée par la faible quantité de déchets recyclés.
« A Nairobi, nous générons environ 500 tonnes de déchets plastiques chaque jour, et seulement une fraction de cela est recyclée », rappelle l’entrepreneuse en jean et baskets, en parcourant avec entrain son usine. « Cela m’a interrogée: que devient ce plastique ? »




