Le parc national de Tlemcen (Algérie) : un potentiel touristique sous-exploité

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La plupart des auteurs placent les parcs nationaux dans une perspective historique, ils mettent en évidence les enjeux et les conflits autour de la création, la gestion et surtout la problématique du tourisme durable.

L’Algérie, plus grand pays d’Afrique, dispose une diversité de paysages et de milieux naturels ; elle s’est engagée depuis longtemps dans la politique de préservation et de conservation de la biodiversité par la création de plusieurs parcs nationaux. Le pays compte actuellement onze parcs nationaux qui sont représentatifs des différents écosystèmes du pays. Huit sont au nord du pays, ils s’étendent sur 165 362 ha et leur gestion relèvent de l’administration forestière : ce sont les parcs du Djurdjura, El Kala, Chréa, Gouraya, Taza et Tlemcen classés en Réserve de la Biosphère (MAB), ainsi que les parcs de Theniet El Had et Belezma. Le parc national de Djebel Aïssa, en zone steppique, couvre une superficie de 24 500 ha dans la wilaya de Nâama. Les deux derniers parcs sont localisés dans le grand sud : le parc national du Tassili, qui est classé patrimoine mondial de l’humanité, et celui de l’Ahaggar, classé en Réserve de la Biosphère.

Le parc national de Tlemcen fut le huitième parc national créé en 1993. Sa création constitue une reconnaissance de sa biodiversité, de ses remarquables sites et monuments historiques qui témoignent d’une civilisation antique de la ville de Tlemcen, la perle du Maghreb. Peu études sont consacrées au parc national de Tlemcen, et les existantes traitent davantage la problématique de la dégradation des écosystèmes forestiers (Gaouar, 1980 ; Dahmani, 1984 ; Letreuch, 2002 ; Letreuch, Medjahdi et Benabdeli, 2009). Deux études abordent plus précisément la gestion participative et partagée des ressources en eau au sein du parc national de Tlemcen (Boumaza, 2012), et la promotion touristique dans la Médina de Tlemcen.

La particularité de ce parc réside dans sa position géographique : sa localisation à l’extrême nord-ouest du pays lui confère une importance écologique certaine vis-à-vis des mouvements migratoires de la faune avienne compte tenu de la proximité du couloir de migration occidental. Le parc abrite également les suberaies de Hafir et Zarifet constituées, en majeure partie par des peuplements reliques de l’Oranie — notamment avec des sujets âgés de plus de 200 ans — qui fournissaient le meilleur liège d’Algérie (Boudy, 1955) et la zeenaie de l’ouest de l’Algérie (zéenaie de Hafir) évoluant dans un microclimat humide, dont la sous-espèce Quercus faginea subsp tlemceniensis ne se rencontre qu’en Oranie. Ce sont également des sites naturels d’une grande curiosité comme l’Ourit et les grottes de Beni Add et des monuments historiques et archéologiques d’une valeur inestimable, témoins des civilisations passées (Mansourah, la mosquée de Sidi Boumédiène, la mosquée d’Agadir, le tombeau d’Abou Ishac El Tayar, etc.). Ultime reconnaissance, en 2016, le parc de Tlemcen a été classé réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO.

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