Yemi Alade, nouvelle reine de la pop africaine

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À seulement 33 ans, la musicienne et activiste nigériane, révélée chez elle en 2009 dans un populaire concours de chant télévisé, reviendra à Montréal, sur la grande scène extérieure du festival, le 24 juillet, nous servir ses tubes dansants à saveur R&B et dancehall, comme l’incontournable Johnny, la chanson-événement qui a créé une brèche dans l’industrie musicale occidentale par laquelle se sont faufilées plusieurs autres talentueuses pop stars d’Afrique.

Ils sont aujourd’hui nombreux à bénéficier des efforts de cette défricheuse par qui la pop d’Afrique est redevenue cool jusqu’en Amérique du Nord. Tous, de ses collègues nigérians Wizkid, Davido et Burna Boy (qui sera à Osheaga le 30 juillet) à la star française d’origine malienne Aya Nakamura, lui doivent une fière chandelle, « mais d’autres avant moi m’ont aussi montré le chemin », nuance Yemi Alade avec modestie. « Je te répondrai simplement que je me sens aujourd’hui bénie et que je suis très consciente de ma propre contribution pour le rayonnement du courant afrobeats », terme par lequel on désigne généralement ces grooves pop modernes issus du continent africain.

Yemi Alade a l’habitude de jouer dans des stades, ce sera donc un privilège d’assister à ses légendaires performances dans l’intimité, toute relative, du parterre du Quartier des spectacles. Depuis le succès planétaire de Johnnyen 2014, sa carrière n’a cessé de prendre de l’expansion à chaque nouvel album (le savoureux Queendoncom est le plus récent, paru l’an dernier) et à chaque nouvelle collaboration, la plus prestigieuse étant sans doute son apparition sur la bande sonore du remake de The Lion King, produite par Beyoncé en 2019.

Ainsi, elle vit aujourd’hui dans les avions, remarque-t-elle au bout de la lentille Zoom, depuis son pied à terre de Londres. « Je ne te mentirai pas, ces quatre jours à Londres, où j’ai aussi mon petit studio, sont presque des vacances ». Elle revenait de trois jours à Paris pour une séance d’enregistrement, précédés d’une escale de trois jours en Belgique et d’un bref séjour à la Sierra Leone. « Je retourne demain à Paris pour y donner un concert, et ensuite, j’arriverai au Canada. »

Jusqu’à l’origine du monde
Avec sa voix douce et assurée, ses refrains accrocheurs, son flair pour les productions dansantes et modernes ainsi que son attitude rayonnante, Yemi Alade a ouvert les portes à une nouvelle génération d’artistes qui se sont à leur tour approprié les codes du R&B, du rap, du dancehall jamaïcain, du highlife ghanéen et de la pop électronique dansante de l’hémisphère Nord pour obtenir du succès en occident et prouver à la face du monde entier que l’Afrique est moderne, accueillante et excitante.

L’influence dancehall jamaïcaine est particulièrement importante dans le son d’Alade et, à ce compte, de plusieurs autres artistes de son pays, le plus populeux du continent — avec plus de 216 millions, et où la capitale économique et culturelle, Lagos, en compte à elle seule plus de 15 millions. « J’adore le dancehall, j’en perds mes manières lorsque j’en entends à la radio ! avance la musicienne. Mon coeur bat plus rapidement lorsque j’entends ce rythme, je suis en amour avec la vibejamaïcaine — le kick de la basse, le swing des percussions de cette musique, cette rythmique possède quelque chose de fondamental qui me ramène à l’origine du monde, et je crois que c’est pour ça que l’influence de ce son a traversé les frontières. Je te fais la promesse que tu en entendras beaucoup sur mon prochain projet », dit Alade qui, en mai dernier, lançait la chanson My Man, un duo avec le chanteur jamaïcain Kranium.

Yemi Alade se réclame aussi d’une autre influence, celle de son amie Angélique Kidjo. « Angélique est comme une mère pour moi, confie Yemi Alade. Notre relation s’est développée au fil du temps. Lorsqu’on a enregistré notre duo [Shekere, de l’album Woman of Steelqu’Alade lançait en 2019], ce fut un rêve devenu réalité. Je l’appelle ” My Queen , elle est une mentore pour moi — c’est une femme d’action. » Au fait, il y a un parallèle à faire entre les carrières respectives de la jeune Nigériane et de la légende béninoise qui, dans les années 1980, creusait un nouveau sillon pour les musiques d’Afrique dans l’hémisphère Nord en apprêtant les rythmes du continent aux saveurs pop de l’heure.

Comme Kidjo, Yemi Alade met sa notoriété au service de la société. Nommée ambassadrice pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), elle s’est impliquée dans l’effort panafricain de vaccination pour contrer la COVID-19 et milite pour le développement durable et de meilleures conditions pour toutes les femmes, spécialement celles de son coin du monde.

« Car avant de devenir musicienne, je voyais autour de moi les difficultés, j’étais consciente du sort de gens moins privilégiés que moi, dit Yemi Alade. Maintenant que j’ai une tribune, j’essaie de m’en servir pour éveiller le monde sur des enjeux importants — je ne le fais pas en tant qu’artiste, pas en tant que vedette, mais en tant que femme, que personne humaine. Je cherche toujours le moyen d’utiliser ma musique pour rendre le monde meilleur. »

Yemi Alade se produira sur la scène TD–Radio-Canada, le 24 juillet à 21 h 30.

SourceLe devoir
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