Parc national du banc d’Arguin

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Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

Le Banc d’Arguin est une des zones les plus importantes au monde pour les oiseaux nicheurs et les échassiers migrateurs d’origine paléarctique. Situé le long de la côte atlantique, ce parc est formé de dunes de sable, de zones côtières marécageuses, de petites îles et d’eaux littorales peu profondes. L’austérité du désert et la richesse biologique de la zone marine créent un paysage terrestre et marin exceptionnellement contrasté.

Critère (ix) : Le Parc National du Banc d’Arguin est un écosystème riche en biodiversité de nutriments et matières organiques, conséquence surtout de l’existence de vastes étendues de vasières couvertes d’herbiers marins, d’un important apport sédimentaire éolien d’origine continentale et de l’effet de l’upwelling permanent du Cap Blanc. Cette richesse assure le maintien d’un milieu marin et littoral suffisamment riche et diversifié pour entretenir d’importantes communautés de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins.

Critère (x) : Le Parc National du Banc d’Arguin constitue l’habitat le plus important de l’Atlantique occidental pour les oiseaux nicheurs de l’Afrique de l’Ouest et les échassiers migrateurs d’origine paléarctique. Les vastes étendues de vasières abritent plus de deux millions d’oiseaux limicoles migrateurs provenant du Nord de l’Europe, de la Sibérie et du Groenland. La population d’oiseaux nicheurs est aussi remarquable en termes de diversité et de nombre : entre 25 000 et 40 000 couples appartenant à 15 espèces d’oiseaux. La zone de hauts-fonds et ilots est aussi le siège d’une activité biologique intense : on y trouve 45 espèces de poissons, 11 espèces de crustacés et plusieurs espèces de mollusques. Le bien abrite aussi quelques espèces de tortues marines notamment la tortue verte (Chelonia mydas) sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Parmi les mammifères, il subsiste encore quelques populations reliques de gazelles dorcas (Gazella dorcas), Le grand dauphin et le dauphin à bosse de l’Atlantique sont fréquemment observés dans le bien.

Intégrité

La nature rectiligne des limites du bien suggère qu’elles n’ont pas été fixées sur des bases écologiques mais qu’elles correspondent plutôt à des besoins administratifs. La limite orientale s’étend à l’intérieur d’une zone de désert, par endroit jusqu’à 50 m, et constitue une large bande permettant de détourner des activités incompatibles avec la conservation du bien. Certaines modifications à la limite méridionale, afin d’exclure le village du cap Timiris et la base militaire, n’enlèveraient rien à la valeur du bien et pourraient éventuellement être envisagées. La limite marine forme, elle aussi, une ligne droite et traverse les hauts-fonds du bien par le milieu. Il serait particulièrement justifié que toute la zone de hauts-fonds soit englobée dans le bien. La réserve satellite de 200 ha, située au Cap Blanc constituant l’habitat de la colonie de phoques moines, pose des questions relatives à son intégrité. Premièrement, les limites de la réserve constituent l’habitat des 100 phoques moines répertoriés dans la région, les autres utilisant la zone nord connue sous le nom de Côte des Phoques. Cela implique que le critère d’intégrité exigeant un espace suffisant pour assurer la continuité de l’espèce n’est pas satisfait. Deuxièmement, il n’est pas possible d’étendre la réserve du Cap Blanc, au site de reproduction et à la nurserie de la Côte des Phoques, le statut de la frontière internationale de cette zone du Sahara occidental restant à déterminer. Pour cette raison, le Comité du patrimoine mondial a décidé d’inscrire le bien en excluant la réserve du Cap Blanc dont l’inscription ne pourrait être envisagée qu’après résolution de la question des limites et lorsque la partie de la Côte des Phoques pourrait être incluse. La principale menace pesant sur le bien est constituée par des projets susceptibles d’altérer les méthodes traditionnelles de pêche artisanale. L’introduction de nouvelles technologies et une augmentation des prises pourraient affecter et perturber gravement la vie avienne de la région.

Mesures requises en matière de protection et de gestion (2009)

La protection du bien est régie par le statut de réserve protégée. Le bien dispose d’un plan de gestion. Les principales menaces pesant sur le bien sont liées principalement au développement non régulé des activités maritimes et des infrastructures littorales. Les activités de pêche ont augmenté considérablement, le matériel et les méthodes de pêche ont changé ainsi que les espèces ciblées. En conséquence, la protection des ressources marines, contre la surexploitation est essentielle. Pour minimiser le problème, il faudra mettre en œuvre un programme de surveillance des risques pour les ressources marines y compris la pêche commerciale illégale. Le risque de pollution par les hydrocarbures sur la route maritime internationale de l’Afrique de l’Ouest et les industries extractives pétrolières est aussi considérable. La planification d’urgence, pour faire face à la possibilité d’une marée noire, est nécessaire pour le bien et ses environs. Une autre dimension importante de la gestion du bien est la lutte contre le braconnage et l’exploitation du bois, à l’origine de la dégradation de la partie terrestre du bien. Comme pour la partie maritime du bien, il faudra mettre en place un programme de surveillance terrestre complet. Les impacts possibles du changement climatique devront aussi être étudiés.

SourceUnesco
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