Labess et Gnawa Diffusion au festival de Carthage

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Venu en grand nombre le public, déchainé et pratiquement debout durant toute la soirée, a chanté et dansé sur les rythmes d’une musique algérienne Chaâbi new age.
La première parie de la soirée était meublée par le groupe Labess. Après les salutations d’usage, Nedjim Bouizzoui, auteur –compositeur du groupe, la casquette vissée sur le crâne et la guitare en main, accompagné du musicien Tarak au caisson, démarre sa prestation avec une chanson aux airs de flamenco « Fi Bali ». Conquis, le public commence à s’exciter. Mais le voyage avec Labess ne fait que commencer.
Durant 1h30, le groupe, formé de cinq autres musiciens : guitare, batterie, et cuivres, en terrain conquis, bat la chamade en cédant à la volonté du public. Ce dernier vibre sur les rythmes imprégnés de flamenco, rumba, châabi et cumbia. Une musique hybride aux sonorités modernes qui parle d’exil, de douleur, de courage, de terre natale, de liberté… Les chansons sont issus notamment de l’album « Yemma » que Nedjim dédie à sa mère.
Les titres s’enchainent : « Wach Hal », « Dance me to the end of love » reprise inédite de la chanson de Leonard Cohen, “Mali Mali”, “Boukha live” chanson dans laquelle s’invite sans coup férir Halim Yousfi et Néjib pour former un trio avec Nedjim, et puis il y a eu « Salam Alikoum » et d’autres sans oublier son succès de toujours que le public réclamait à cor et à cri : « Ya babour elouh » issu du premier album « Tout va bien » qu’il chante avec Halim Yousfi du groupe Gultrah Sound System.
Labess, chantre de la musique alternative algérienne, s’imprègne de poésies populaires et de mélange de musique Chaâbi traditionnel, rumba gitane et flamenco en passant par la samba, le reggae et le gnawi, un éventail musical diversifié. Il fait revivre des textes traditionnels algériens tels que « Echamaâ », une reprise remixée de Kamel Messaoudi ou encore « Bechar el Khir, une ode à la patrie mère.
Avec ses chansons engagées, Labess a cartonné ce soir-là en chantant et enchantant le public de Carthage qui lui a bien rendu par des acclamations et des you you. Une soirée mémorable qui célèbre la vie avec ses incertitudes et ses heurs.

Gnawa Diffusion.
Le public, encore en place et en nombre, a réservé un accueil chaleureux au groupe Gnawa Diffusion, monté tard sur la scène ; Gnawa Diffusion est fondé en 1992 , dirigé par Amazigh Kateb, fils de l’écrivain emblématique algérien, il est accompagné d’un orchestre composé de cuivres ( trompette, trombone et saxo), de percussion et évidemment des incontournables gembri ( cordes) et les graguebs ( percussion). Départ en trombe avec un Salam âlikoum ( vœu de bienvenue) longue chanson, qui annonce le genre. Le style du groupe est une forme de cuisine revue et réinventée, mélange de musique africaine, berbère et moderne. Inspirée, elle coule dans l’air du temps et captive la jeunesse. Kateb qui a participé aux Journées de musique de Carthage (JMC) en 2019, dira que c’est une musique née d’une longue période de chômage, d’amitié et d’amour, le mot amour reviendra souvent dans sa bouche. Kateb joue du guembri ( instrument à cordes du Mâalem chez les Gnawas), chante sans arrêt, sur des rythmes dansants, le public ne se fait pas prier pour reprendre les refrains connus de « Sabrina » ou « Nrouhou elJamaïca », prônant liberté et amour, pour sauter et danser. Musique entraînante, paroles en arabe, français, berbère, anglais, le tout donne des airs à la fois spécifiques gnawa ( musique d’esclaves, de complainte) et mélangé ( afro-électro-acoustique). Dans son entretien ave la presse, Kateb dit qu’il s’inspire des rythmes gnawas et de l’exil « c’est une musique de l’exil, de la souffrance » et d’ajouter qu’il se ressource aussi dans le châabi actuel.
Ses projets ? Généralement, il met du temps pour sortir un album et là, il prépare un Cd avec ses amis du groupe Gnawa Diffusion et un autre en son nom qui reprendra des textes de Kateb père. « J’avoue que pour ce dernier album, je procède avec beaucoup de précautions, je n’ai pas touché pas au texte, par respect au grand poète ».
Une femme au saxophone, ce n’est pas courant ? « En effet, dit-il, même en Occident les femmes sont minoritaires dans les formations musicales, il est temps que ça change. ». Il est plus d’une heure du matin, le public dont quelques-uns arborent le drapeau amazigh, n’en finit pas de réclamer des chansons.

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