Angola : le MPLA de João Lourenço l’emporte avec 51 % des voix

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Il a réussi son pari, mais sans tambour ni trompette. João Lourenço, le président sortant et chef du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), est sur le point d’être reconduit pour cinq ans aux commandes du deuxième producteur de pétrole d’Afrique à l’issue des élections générales qui se sont tenues le 24 août.

Au pouvoir depuis 1975, le MPLA a remporté 51,07 % des suffrages au terme du scrutin de mercredi, une élection indirecte qui fait du chef du parti arrivé en tête le président de la République. C’est le plus faible score obtenu par cette formation depuis la fin de la guerre civile, en 2002. Pour rappel, le MPLA avait obtenu 82 % des suffrages en 2008 lors d’élections législatives puis 72 % en 2012 et 61 % en 2017 lors d’élections générales. Fait inédit : le parti présidentiel est devancé par l’opposition dans la capitale, Luanda, ainsi que dans deux autres provinces du nord du pays, Zaïre et l’enclave de Cabinda.

Décomptes parallèles
Dirigée par Adalberto Costa Júnior, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), principale force d’opposition qui voulait provoquer l’alternance, obtient 44,05 % des suffrages, selon les résultats provisoires portant sur 97 % des suffrages communiqués le 25 août en fin de journée par la Commission nationale électorale (CNE).

Candidat favori mais

affaibli en raison d’une contestation sociale croissante et de divisions au sein de son camp, João Lourenço, qui a succédé à José Eduardo dos Santos en 2017, a promis de redoubler d’efforts pour réformer le pays et améliorer les conditions de vie de la population. Son parti, qui disposait jusqu’ici d’une majorité des deux-tiers à l’Assemblée nationale (avec 150 députés), doit se contenter d’une majorité absolue de 124 députés sur un total de 220.

Il fera face à une opposition plus forte que par le passé, qui réunira 90 députés sous la bannière de l’Unita contre 51 depuis 2017. Le parti, qui s’est félicité de sa victoire dans trois provinces sans se prononcer sur les résultats globaux, n’a cessé de dénoncer le manque de transparence du processus électoral, des critiques qui trouvent un écho au sein de la population. Outre le dépouillement parallèle des voix mené par l’Unita, une initiative de la société civile intitulée « Mudei » (« J’ai changé ») et pilotée notamment par le célèbre rappeur Luaty Beirão conduit aussi un décompte parallèle, une première dans le pays.

Tensions
Ces dernières heures, quelques échauffourées entre jeunes soutiens de l’Unita, contestant la victoire du MPLA, et la police ont eu lieu à Luanda. Dans le même temps, les remontées de terrain de la société civile comme de l’opposition font état de failles lors de la tenue du scrutin, que ce soient des retards dans l’ouverture de certains bureaux de vote, des absences d’observateurs, des difficultés à voter pour certains électeurs, des refus de certains bureaux de vote d’afficher publiquement les résultats ou encore la présence de la police à l’entrée de lieux de vote quand celle-ci ne devrait pas être à moins de 100 mètres, selon la loi électorale. Interrogée sur ces points, la CNE a indiqué n’avoir reçu aucune information, saluant la bonne tenue du scrutin, comparée à une « fête de la démocratie » qui se serait déroulée de façon ordonnée et avec civisme.

S’il s’est globalement tenu dans le calme, le scrutin, le quatrième depuis 2002, intervient dans un contexte de tensions. Outre une grogne sociale croissante face à la pauvreté et aux inégalités, les difficultés économiques liées aux conséquences de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine fragilisent aussi le pouvoir. Sur le plan politique, à l’opposition incarnée par l’Unita s’ajoute l’action, ces derniers jours, des mouvements indépendantistes de l’enclave angolaise de Cabinda, au nord du pays. Ces derniers ont ainsi revendiqué plusieurs attaques ayant provoqué des victimes au sein des forces armées angolaises, une information non confirmée par les autorités.

Enfin, ces élections générales se tenaient alors que le pays doit rendre hommage à l’ancien président dos Santos, décédé à Barcelone le 8 juillet et dont le corps est arrivé à Luanda le 20 août pour des cérémonies officielles. Objet d’un bras de fer entre différents membres de la famille du défunt, la tenue d’un hommage national en Angola, voulu par l’exécutif Lourenço, doit se dérouler du 26 au 28 août.

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