Startups Tech : La Croissance Et Les Recrutements Vont Toujours Bon Train En 2022

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Alors que l’économie a été ébranlée par la crise sanitaire apparue 2020, les startups technologiques ont vu se dessiner de nouvelles opportunités compte tenu des besoins grandissants de numérisation. Deux ans plus tard, leurs activités ont encore le vent en poupe.

Comme nous le confiait en 2021 Omar El Hyani, directeur de l’investissement du Maroc Numeric Fund II (MNF II), “la tendance est toujours bonne. La qualité des startups qui sollicitent du financement s’améliore, ainsi que la profondeur du marché. Encore une fois, le contexte Covid accélère le processus de digitalisation des entreprises et cela se ressent sur la dynamique de l’écosystème aujourd’hui”.

Cette année encore, la bonne tendance se confirme, d’après plusieurs entrepreneurs de la place, à la tête de startups actives dans le secteur technologique. En termes de croissance du chiffre d’affaires et de recrutement, les entrepreneurs sollicités confirment une tendance haussière.

Sur le front des financements, ils notent en revanche un durcissement des octrois, particulièrement depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. L’incertitude économique qui en a découlé a poussé les investisseurs à limiter leurs risques et à orienter leurs financements vers les startups les plus solides financièrement.

Un engouement toujours présent pour le numérique
Issus de trois secteurs technologiques différents, les entrepreneurs que nous avons contactés confirment la poursuite de la bonne dynamique amorcée grâce aux opportunités dessinées par la crise sanitaire en 2020. La demande en service numérique se fait de plus en plus intense.

À commencer par Ismail Bargach, co-fondateur de Wafr, une appli qui permet aux marques de la grande distribution de diffuser un programme de promotion pour les consommateurs finaux chez les épiciers. La startup a pu lever des fonds à plusieurs reprises entre 2021 et 2022 pour un total de plus d’un million de dollars (10 MDH). “La demande est toujours là, la croissance s’est accélérée. Nous avons de plus en plus de personnes qui utilisent notre application tous les jours et constatons un chiffre d’affaires croissant. Globalement, nous affichons une croissance mensuelle de 50%, ce qui fait que nous le doublons tous les deux mois, et ce depuis les 13 derniers mois”, témoigne le chef d’entreprise. En 2021, l’entreprise était composée de moins de dix personnes et emploie désormais 15 salariés, avec des recrutements à venir d’ici la fin de l’année.

De son côté, Saïd Belkhayat, co-fondateur de Lacaisse.ma, une application de caisse enregistreuse intelligente pour les restaurants et magasins, et de Lalivraison.ma, un système de mise en relation et de livraison premium à domicile, confirme la bonne tendance de l’activité sur l’année en cours. “Honnêtement, l’activité est en constante évolution même par rapport à l’année dernière. Nous développons notre chiffre d’affaires et avons même diversifié notre offre, comme le développement de solution de paiement cashless pour les événements et festivals”, explique le fondateur de la startup.

La demande était présente sur le marché et la startup a pu, cette année, se frayer un chemin sur ce filon non exploité. L’objectif étant de proposer aux festivals des systèmes de paiements dématérialisés par wallet. “C’est une carte munie d’un QR code à scanner, ce qui donne accès à une interface web qui permet de consulter son solde, le recharger et visualiser tous les paiements effectués. Nous l’avons mise en place en 2022 avec un premier festival à Marrakech, puis la demande a explosé”, affirme Saïd Belkhayat.

Cela a notamment permis à l’entreprise de recruter pour assurer le déploiement et la croissance des nouveaux services développés. Cela a aussi permis d’assurer un meilleur service pour satisfaire un changement de demande. “Au début de la crise, les clients voulaient une plateforme pour recevoir des commandes. Désormais, ils cherchent une solution tout en un où nous assurons tout le service (commandes et livraison) contre une commission”, explique le dirigeant.

L’année 2022 a également été marquée par le premier exit d’une startup du fonds 212Founders de CDG Invest. Kifal Auto, une plateforme d’intermédiation dans l’achat et la vente de véhicules d’occasion, a été rachetée en mai dernier par le nigérian Autocheck, après trois ans d’existence. Une première sortie pour le fonds 212 Founders. “Nous avons rejoint ce groupe, où l’on opère désormais au Sénégal et en Côte d’Ivoire, avec des équipes que l’on pilote depuis Casablanca. En termes de croissance au Maroc, nous continuons d’observer une bonne dynamique malgré le contexte morose du marché auto”, nous confie Nizar Abdallaoui Maane, co-fondateur de Kifal Auto.

Si la conjoncture est bonne d’un point de vue opérationnel, l’environnement des startups technologiques a été impacté du côté du nombre de financements depuis le début de la guerre en Ukraine et l’incertitude économique qui en a découlé.

Un resserrement des critères d’investissement
Tous les entrepreneurs sondés ressentent un ralentissement dans les financements octroyés et une précaution plus forte de la part des investisseurs, qu’il s’agisse de Business Angels ou de fonds d’investissement. Fondamentalement, cela ne veut pas dire qu’il y a moins d’argent investi, mais que les critères de financement se sont resserrés. Un resserrement et une crispation qui se sont fait sentir à l’échelle mondiale.

Contactée sur le sujet, Meriem Zairi, Managing Director du fonds d’investissement Seaf Morocco, nous explique que “depuis le début de l’année, on voit que les valorisations des valeurs tech et les levées à l’échelle internationale ont beaucoup décéléré. Au niveau de notre fonds, nous avons maintenu notre rythme d’investissement. On observe qu’il y a moins d’euphorie à l’échelle mondiale, qui se ressent légèrement ici, mais à notre échelle, notre lecture est que cela amène un retournement sain qui vient conforter notre thèse d’investissement qui s’appuie avant tout sur des fondamentaux économiques solides. Il y a moins de sociétés éligibles au financement mais tout autant de projets intéressants”. Et de poursuivre : “En somme, ce n’est pas le niveau d’argent disponible qui a changé, ni la quantité de projets de qualité, mais surtout le matching de ces projets avec les critères d’investissements.”

De son côté, le fondateur de Kifal Auto nous explique : “Nous ressentons actuellement une accalmie. Fondamentalement, je n’ai pas l’impression que moins d’argent soit investi. Les startups continuent à lever, mais les investisseurs cherchent désormais des modèles plus sécurisés à financer, des entreprises qui disposent déjà d’une trajectoire claire vers la profitabilité. Le ressenti étant que les levées se font de moins en moins vers des startups dont le financement assure la survie, mais de plus en plus vers celles qui pourront convertir ces financements en croissance additionnelle.”

Une vision corroborée par Ismail Bargach. “Il y a eu un ralentissement depuis le début de la guerre en Ukraine qui a affecté les financements, dans le monde et notamment en Afrique. Je pense que les investisseurs se disent qu’il faut attendre avant d’investir. Ils veulent qu’un bon dossier d’investissement corresponde à une bonne ‘equity story’ et des fondamentaux solides, alors qu’ils n’hésitaient pas à miser uniquement sur l’equity story’ auparavant”, conclut-il.

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