À Madagascar, tous les agents de la fonction publique sont tenus de se présenter au travail, ce vendredi 31 juillet 2026, vêtus d’une tenue traditionnelle malgache. Cette mesure, qui s’appliquera désormais chaque vendredi, découle d’un décret adopté il y a deux semaines en Conseil des ministres.
Selon les autorités, cette décision vise à valoriser l’identité culturelle malgache ainsi que les spécificités des différentes régions du pays. Elle entend également raviver la fierté nationale et promouvoir ce que certains historiens qualifient de « nationalisme culturel », un courant déjà évoqué à l’époque coloniale pour encourager les Malgaches à se réapproprier leur identité.
« Je vais porter une robe à carreaux plissée, typique de ma région de l’Alaotra-Mangoro, et je vais me tresser », confie Fanja, fonctionnaire au ministère de l’Éducation nationale. Si elle respectera la mesure, elle reste néanmoins réservée sur son caractère obligatoire.
« C’est bien de porter des tenues malgaches, mais cela ne devrait pas être imposé. Être malgache, c’est avant tout un état d’esprit. Chacun devrait être libre de son choix. Je pense que cette décision vise aussi à soutenir la production artisanale locale », estime-t-elle.
De son côté, Antoine, inspecteur à la police économique, se réjouit de cette initiative. Il prévoit de porter une tunique ornée d’un aloalo, symbole traditionnel malgache.
« Nous valorisons souvent les cultures des autres, qu’elles soient chinoise ou européenne. Pourquoi ne pas accorder la même importance à la nôtre ? Je suis fier de porter une tenue malgache et j’encourage chacun à en faire autant », affirme-t-il.
Pour l’historien Jeannot Rasoloarison, cette obligation vestimentaire revêt également une dimension politique.
« On peut interpréter cette décision comme une forme de nationalisme. Le port des tenues traditionnelles était déjà encouragé par les nationalistes malgaches durant la colonisation française, dans les années 1930 et 1940, dans une démarche de recherche et d’affirmation de l’identité malgache », explique-t-il.
Cette volonté de renforcer la fierté nationale s’illustre aussi par une autre mesure des autorités : depuis plusieurs mois, les citoyens sont invités à poser la main sur le cœur lors de l’exécution de l’hymne national.




