Invité à l’initiative virtuelle des femmes chefs d’Etat en Afrique, le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina a profité lors de sa prise de parole pour rendre hommage aux femmes africaines.
Organisée par Africa.com en partenariat avec Coca Cola Africa, l’initiative virtuelle des femmes chefs d’Etat en Afrique s’est tenue le 23 Mars par visioconférence. Le but de cette initiative louable est de rendre hommage aux femmes présidentes de la République ou Premiers ministres en fonction ou ayant exercé sur le continent. Pour cette édition, le thème central était axé sur le renforcement des capacités des femmes leaders émergentes sur le continent.
Dans son discours, M. Adesina a tenu à saluer les réalisations des femmes sur le continent. Il affirme par ailleurs que si dans les autres régions du monde les femmes ont dù briser des plafonds de verre, en Afrique elles ont plutôt brisé des plafonds de béton, longtemps dominés par les hommes. Il affirme par ailleurs à la suite de son discours qu’« une révolution est en marche en Afrique ».
Selon le président de la BAD, les récentes Boardroom virtuelles de l’Africa Investment Forum ont produit 32,8 milliards de dollars d’intérêt d’investissement, avec 5 milliards générés par des entreprises dirigées par des femmes.
La suite des échanges a vu la prise de parole des femmes occupant des postes à responsabilités. A l’instar de Yvonne Aki-Sawyerr, OBE, maire de Freetown, en Sierra Leone, Vera Songwe, sous-secrétaire générale des Nations unies et secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, Wanjira Mathai, vice-présidente et directrice régionale pour l’Afrique du World Resources Institute, Mausi Segun, directrice exécutive de la division Afrique de Human Rights Watch, et Kuseni Dlamini, présidente d’Aspen Pharmacare et de Massmart Holdings. Ces dernières ont débattu sur les sujets d’importance tels que les femmes dans le leadership et les affaires, le changement climatique, la fabrication de vaccins et la sécurité de l’eau.
Cependant, Akinwumi Adesina a reconnu que les femmes rencontrent d’énormes difficultés à travers le continent sur ce qui relève de la sécurité alimentaire. Selon lui, de nombreux défis sont encore à relever. On peut citer parmi ceux-ci, le manque d’accès des femmes à la terre, aux services de vulgarisation et au financement, bien que les femmes représentent plus de 60 % de la communauté des petits exploitants agricoles en Afrique.
Néanmoins, le patron de la BAD affirme que des mécanismes sont mis sur pieds pour pallier ce problème. Notamment l’initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA) du Groupe de la Banque africaine de développement. Cette initiative a mis à la disposition des institutions bancaires, 450 millions de dollars. Ce montant était uniquement réservé aux prêts à des entreprises dirigées par des femmes. Reconnaissant que les femmes d’affaires sur le continent sont confrontées à un déficit de financement de 42 milliards de dollars, il déclare que l’AFAWA déboursera en 2022, 500 millions de dollars pour les entreprises ayant à leur tête des femmes.
Prenant part aux discussions les anciennes chefs d’Etat du Malawi et du Libéria, Joyce Banda et Ellen Johnson Sirleaf ont déclaré vouloir promouvoir les femmes à travers leurs fondations. Elles ont annoncé par la même occasion qu’une conférence se tiendra très bientôt au Malawi. Cette dernière portera sur le financement des organisations dirigées par les femmes.
Convoqué à la suite du forum sur l’égalité des générations 2021 organisé par l’ONU à Paris, le sommet des femmes chefs d’Etat a tenu à rendre hommage à 22 dames ayant été présidentes ou Premiers ministres. Faisant office d’invités spéciaux, ce parterre était constitué de la première ministre de la Namibie, Saara Kuugongelwa-Amadhila, l’ancienne présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, l’ancienne présidente de l’île Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, et l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda.




