La maquette en bois représentant le centre-ville de Niamey, en 3D, sur une surface grande comme une table de ping-pong, revient tout juste de la biennale d’architecture de Venise, début juillet. Elle trône dorénavant en bonne place dans l’Atelier Masomi, l’agence créée en 2014 par Mariam Kamara dans la capitale nigérienne. Au centre de la maquette figure le dernier projet de la maîtresse des lieux : un centre culturel dans cette ville qui n’en compte guère.
L’emplacement du bâtiment n’a pas été choisi au hasard : logé au creux de la vallée du Gounti Yenna, il enjambe le cours d’eau qui coupe la ville en deux, du nord au sud, avant de se jeter dans les méandres langoureux du fleuve Niger. L’endroit est un marqueur sociologique et historique, une frontière naturelle au cœur de la capitale. A l’ouest, un plateau surplombe le cours d’eau et la ville basse qui se déploie vers l’est. Les colons français habitaient la partie haute, d’où ils surveillaient les zones indigènes en cas de soulèvement.
Soixante ans après l’indépendance, la division perdure. « Les nantis et les ministères sont sur le plateau qui domine toujours la partie populaire et déshéritée de la ville », explique Mariam Kamara. En tant qu’architecte, elle se demande que faire de cet héritage, d’une ville construite en 1926 par les colons sur des inégalités ? Le centre culturel apporterait un début de réponse conçu « pour être une partie intégrante de la ville, accessible à tous, et un point de rassemblement naturel pour la population. » A la fois pont et point de rassemblement. « Niamey est un animal intéressant, tout reste à faire et je ne suis qu’au début de ma réflexion », ajoute-t-elle.




